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Philippe Yvon

- Photographe -

PARCOURS PROFESSIONNEL

J'ai commencé par la biochimie, parce qu'on m'avait dit que c'était sérieux. Mais je ne m'y suis pas reconnu. Ce que je voulais, moi, c'était raconter. Alors je suis parti vers le cinéma et les lettres, avec le ventre un peu noué mais l'oeil déjà ouvert. J'avais un vieil appareil entre les mains, un Pratikca, puis un Canon d'occasion.

Et cette évidence : écrire, que ce soit avec la lumière ou avec les mots. La photo est arrivée comme un coup de foudre tranquille. Je venais d'un monde où l'art n'était pas une option. J'ai donc tout appris seul, en bricolant, en ratant, en recommencant. J'ai monté mon labo argentique, fréquenté les clubs de jazz, développé les visages de musiciens amis, entre ombre et éclats. J'aimais ce noir et blanc qui raconte l'essentiel. J'aimais cette manière de dire sans parler.

En parallèle, j'ai fait carrière dans l'Éducation nationale, grimpé les échelons jusqu'à diriger des établissements. Parce qu'il faut bien tenir les deux bouts : celui du rêve et celui du réel. Mais toujours, la photographie, l'écriture, le cinéma sont restés là, à portée de souffle. La résilience, je ne l'ai pas cherchée. Elle s'est imposée. Elle vient de loin, d'un combat silencieux, d'un corps qu'il faut apprivoiser chaque jour, d'un instinct de survie tenace face aux épreuves de la vie. Alors je regarde le monde avec cette lucidité-là. Ce n'est pas le malheur qui m'intéresse, mais ce qu'on en fait. Les failles, oui, mais comme des passages. Les silences, mais comme des résonances. J'ai scénarisé une bande dessinée sur le jazz chez Casterman, écrit un polar enraciné dans le Var, monté des projets photographiques sur la fragilité humaine.

Chaque projet, chaque image, chaque phrase est une tentative de dire : "je suis encore la". Non pas malgré tout, mais avec tout.

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